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Captain America : Civil War
Captain America : Civil War

Réalisé par Anthony Russo, Joe Russo (2016)

Avec : Chris Evans, Robert Downey Jr., Scarlett Johansson 

Genres : Action, Fantastique

Nationalité : Américain

Durée : 2h28

 

Synopsis : Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l'humanité. À la suite d'une de leurs interventions qui a causé d'importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. 

Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l'équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s'engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d'autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement...

Captain America : Civil War ou le meilleur des deux mondes… Prenez l’aspect jouissif d’Avengers. Ajoutez une histoire aussi solide que celle de Captain America : Le Soldat de l’Hiver. Mélangez le tout et vous obtenez un des meilleurs films produits par Marvel Studios. Avec Anthony et Joe Russo derrière la caméra, l’exécution est proche de la perfection. Il y a bien quelques défauts, il y en a toujours ; mais au final, le résultat est extrêmement satisfaisant.

Le point fort du film ? Le fait que les personnages parlent entre eux. Steve Rogers et Tony Stark ont une vision du monde radicalement différente. Mais ils débattent. Avant d’atteindre le point de non retour. En plein combat. Et même après. Cela peut paraître bête, mais cela change tout ! Nous sommes loin des affrontements gratuits que l’on peut lire dans les comics et voir au cinéma. Des affrontements qui pourraient, dans 99% des cas, se résoudre autour d’une table grâce à un minimum de dialogue.

L’inéluctabilité de la guerre civile du titre est l’une des grandes forces de Captain America : Civil War. Toutes les intrigues s’emboîtent naturellement. Et plus le film avance, plus un basculement inattendu s’opère. La question n’est plus « Pourquoi se battent-ils entre eux ? », mais plutôt « Comment voulez-vous qu’ils ne se battent pas entre eux ? » La logique interne du scénario est implacable. Les scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely ont rendu une excellente copie.

Certes, le déroulement de Captain America : Civil War est moins ‘pur’ que celui de Captain America : Le Soldat de l’Hiver. L’exposition est un peu longue. Les personnages se bousculent à l’écran. Et en cherchant bien, il y a peut-être quelques petites minutes à couper. Mais il faut reconnaître que cette fameuse exposition se révèle payante à la fin. Et pour ce qui est de la durée un poil excessive du long métrage, c’est probablement une fausse impression, causée par une certaine rupture dans le schéma classique des blockbusters super-héroïques…

Ces maigres critiques sont balayées par les très nombreuses scènes d’action du film. Elles rythment efficacement le récit. Pas besoin de vous faire un dessin, tout le monde se bat contre tout le monde. La répétition des scènes de combat, poings contre poings, caméra à l’épaule, lassera peut-être certains spectateurs. Mais au final, on retrouve avec plaisir l’énergie et le réalisme qui faisaient le sel de Captain America : Le Soldat de l’Hiver. Et c’est sans compter…

La. Scène. De. L’Aéroport. Sur le papier, le décor ne vend pas du rêve. C’est gris, c’est vide, à l’image de la photographie sans âme des longs métrages Marvel Studios. Mais quelle scène de folie ! Ni trop courte, ni trop longue. Pendant tout son déroulement, on ne peut qu’avoir un immense sourire jusqu’aux oreilles. C’est assurément l’une des meilleures scènes de l’Univers Cinématographique Marvel. 

Puisqu’il est question des scènes d’action, évoquons la psychologie des combats. Captain America : Civil Wars’apparente à un immense drame familial. Les personnages ne peuvent pas se haïr à mort. C’est la famille ! Ce serait ridicule. Mais ils ne peuvent pas non plus se battre comme des Bisounours. Il faut donc trouver le juste équilibre… et il s’avère que le film y arrive. En opposant le bon élément de la Team Captain America au bon élément de la Team Iron Man. Les scénaristes ont tissé tout un réseau de motivations et de ressentiments. C’est très intelligemment tourné.

Nos héros sont donc poussés à bout… Chris Evans et Robert Downey Jr. jouent avec plus de matière dramatique que dans n’importe quel autre long métrage solo. Ceux qui ont lu Civil War auront naturellement tendance à se ranger du côté de la Team Captain America. Seulement, à l’écran, rien n’est aussi simple. Tout le monde a raison, tout le monde a tort. En l’espace de deux heures, l’allégeance du spectateur pourra très bien basculer deux ou trois fois. C’est vraiment fort. Et c’est là qu’on se dit que…

Captain America : Civil War a peut-être loupé quelque chose. Quel besoin d’avoir un Helmut Zemo, trop librement adapté, quand on a une guerre ouverte entre Steve Rogers et Tony Stark ? Un blockbuster super-héroïque sans super-vilain, cela aurait été encore plus audacieux ! A défaut, le méchant interprété par Daniel Brühl traverse bizarrement l’histoire… Mais son plan tient la route et il se démarque assez facilement, par le simple fait qu’il ne veut pas conquérir/détruire le monde.

Et Spider-Man dans tout ça ? Il est de retour à la maison. Il faut se pincer pour le croire, surtout au début… Tom Holland n’a peut-être pas une tête de Peter Parker, mais il a au moins l’âge du personnage qu’il interprète. Un changement positif pour l’Homme-Araignée, qui a rarement été aussi bien écrit et caractérisé. Autre nouveauté, Black Panther, qui fait une entrée remarquée. Chadwick Boseman incarne un prince super-héros charismatique. Son costume et sa technique de combat déchirent. Précisons que ces deux New Avengers font plus qu’un caméo. Ils ont un vrai rôle dans l’histoire…

Quelques points négatifs, à la volée… Encore deux ou trois blagues inutiles qui tombent à plat. Aucune mention de la mort de Quicksilver, un élément pourtant essentiel dans l’évolution psychologique de Scarlet Witch. La partition électrique et nerveuse d’Henry Jackman. Certaines incrustations numériques baveuses pendant la scène de l’aéroport. Le caméo de Stan Lee. Et de manière générale, l’absence de clins d’œil. Mais après réflexion, n’est-ce pas un signe qui montre la maturité de la franchise ? Nous entrons dans la Phase 3 de l’Univers Cinématographique Marvel, c’est le treizième épisode de cette grande saga… Il y a donc moins de références à cacher, surtout quand on a déjà une douzaine de super-héros à gérer. Pour ce qui est des scènes post-générique, il n’y en avait qu’une lors de la projection presse. Réaction à chaud : « Pourquoi ? Tout ça pour ça ? » 

Avec Captain America : Civil War, Anthony et Joe Russo signent une des plus belles pages de l’Univers Cinématographique Marvel. Captain America s’impose ainsi comme la meilleure trilogie du ‘MCU’. Est-ce le meilleur film produit par Marvel Studios, devant les Iron ManAvengersCaptain America : Le Soldat de l’Hiver et autres Gardiens de la Galaxie ? Chacun jugera selon ses goûts, selon ses héros préférés. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nouvelle phase débute d’une fort belle manière.

C’est là qu’il faut saluer la vision de Kevin Feige, lorsqu’il a confié à deux réalisateurs de sitcom les clefs de cet univers. Deux réalisateurs. Deux scénaristes. Anthony et Joe Russo. Christopher Markus et Stephen McFeely. Ils ont le destin des Avengers entre leurs mains. Le poids d’un univers partagé est trop lourd à porter pour un seul homme, le risque d’imploser en vol est trop grand. Mais avec quatre personnes aux commandes, on ne peut qu’être confiant pour la suite. Avengers : Infinity War ou le meilleur des trois mondes ?

Tag(s) : #Critiques, #Cinema, #Marvel, #Captain América, #Civil War, #Blockbuster

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